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Le Mot du Maire

 

Chères Schlierbachoises, chers Schlierbachois

 

Bernard17 janvier 2018

 

J’avais souhaité en janvier dernier que l’espoir puisse nous guider à travers les défis du quotidien et la marche parfois bien compliquée du monde. L’année écoulée a-t-elle exaucé ce vœu ?

Dire que la planète se porte mieux que l'an passé serait faire preuve d’une incroyable légèreté et pour tout dire d’une grande ignorance des faits.

Les faits et les événements parlent d’eux-mêmes :
Les fanfaronnades pitoyables du président des Etats-unis et celles de son homologue nord-coréen n’ont fait rire personne et la barbarie terroriste a encore meurtri de nombreux pays. Le dérèglement climatique et les ouragans qui ont endeuillé les Antilles, la détestable décision de ce même président américain de sortir son pays des accords de Paris et l’information parvenue en plein été que l’humanité avait épuisé ses ressources annuelles n’ont pas contribué à rassurer tous ceux qui savent que l’avenir de notre planète n’est rien d’autre que l’avenir de nos enfants et de nos petits-enfants. Enfin, la découverte de l’existence en Libye de marchés aux esclaves, comme il en existait à une époque qu’on croyait révolue, nous a rappelé que les crimes contre l’humanité ne sont pas forcément commis qu'en temps de guerre. Une telle abomination déshonore toute l’humanité. Rien ne justifie et ne justifiera jamais qu’un homme puisse être propriétaire d’un autre.                    

Il a fallu attendre la fin de l’année pour que les consciences s’éveillent, quand les violences faites aux femmes sont devenues tout à coup un sujet d’actualité. La dénonciation du harcèlement, le sinistre rappel des violences banales et quotidiennes dans les mots et les actes, l’asservissement dont sont victimes des millions de femmes dans tant de pays ont rappelé cruellement que pour la moitié de l’humanité l’égalité des droits avec l’autre moitié restait un combat. Dire haut et fort que c’est le premier combat à mener et qu’il faut définitivement condamner toute forme de sexisme est un vrai projet de société et peut-être même de civilisation. Quand elle éclate au nom du respect de l’autre et de la dignité humaine, toute révolte est un signe d’espoir.

Pour une large majorité de Français, l’élection en mai dernier d’Emmanuel Macron à la présidence de la République a fait naître l'espoir. L’élection présidentielle est, comme l’a voulue le général de Gaulle, le grand rendez-vous électoral entre la nation et ceux et celles qui prétendent la représenter au mieux en lui proposant un projet pour le présent et une vision pour le futur. Les Français ont élu un homme encore jeune, convaincu qu’il fallait sortir de l’affrontement partisan entre la gauche et la droite afin de remettre le pays debout. Le défi était aussi insensé que courageux. Déjouant tous les pronostics, bousculant tout sur son passage, Emmanuel Macron l'a relevé avec brio et audace. Je suis convaincu qu'une majorité d'électeurs ont apprécié cette démarche parce qu'elle était et qu'elle reste porteuse d’espoir. L’espoir de tourner une page de notre histoire politique en essayant de rassembler tous ceux qui font passer les intérêts de la France et des Français avant les leurs. L’espoir de redonner à notre pays son rayonnement en Europe et dans le monde en rappelant inlassablement nos valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité. L’espoir de faire redémarrer l’Europe avec nos partenaires et amis allemands afin de lui donner plus de visibilité et de raisons d’être fiers de faire partie d’une famille d’états et de nations qui ont choisi de vivre ensemble pour la paix et le progrès. L’espoir d’un nouvel élan pour notre pays qui doute tant de lui-même et qui oublie si souvent que la France n’est réellement elle-même que lorsqu’elle est unie et qu'elle fait entendre sa voix dans le monde. La situation économique, les malaises d’une société où les inégalités sont criantes, où les laissés-pour-compte n’ont trouvé comme seul refuge que le vote extrémiste, les blocages de notre démocratie qui nous font loucher vers des régimes populistes où la volonté d’un chef s’appuie sur un nationalisme agressif et des libertés sous contrôle, tout cela constitue pour le chef de l’état un immense défi. Sans vouloir faire d'Emmanuel Macron un homme providentiel, la raison et l’attachement que tout Français doit ressentir pour son pays nous poussent à lui souhaiter bonne chance et à faire des vœux de réussite pour ses projets. Même s’ils ne suffisent pas à définir une politique, les mots qui émaillent les discours du président résonnent d’un langage qu’on avait peut-être fini par oublier : "optimisme, confiance, courage, audace, volonté". Nouveau président, nouveau gouvernement, nouvelle assemblée, nouveau discours. Nouvel élan ? Il faut ardemment le souhaiter.

La règle de la démocratie veut que les représentants des citoyens soient jugés sur leur bilan et qu’aux promesses des campagnes électorales correspondent des actes. Il est de coutume pour un maire de dresser un premier bilan à mi-mandat. A la demande de la presse cet été, j’ai accepté de le faire en précisant qu’il ne m’appartenait pas à moi et à mon équipe de qualifier ce bilan de bon ou de mauvais mais que c'était aux électeurs seuls d'en juger au terme de notre mandat.
Aussi plutôt que de parler de bilan, j’ai simplement fait le point sur ce qui a déjà été réalisé, sur ce qui est en voie de réalisation et sur ce qu’il reste à faire, l’expression « tour d’horizon » résumant parfaitement l’exercice.
Le cap que j'ai fixé il y a bientôt quatre ans reste le même tant sur la méthode de travail que sur les objectifs. Le Conseil municipal travaille et travaille bien car il n’est guidé que par la volonté de servir au mieux l’intérêt général. La méthode repose toujours sur l’écoute, le dialogue et la confiance car il ne peut y en avoir d’autre pour réussir la tâche qui est la nôtre: affaires d'urbanisme, en premier lieu notre futur Plan Local d'Urbanisme, projets de voirie, réorganisation du Périscolaire, autant de dossiers pour lesquels nous avons souhaité vous consulter.

Comme la méthode, l’objectif n'a pas changé : Schlierbach n’a pas vocation à devenir un village-dortoir mais bien au contraire une commune dynamique où « bien vivre ensemble » est une priorité. Se retrouver, s’exprimer, proposer, imaginer, partager idées, expériences, compétences sont nécessaires et utiles pour tous. Nombreuses sont les occasions et les possibilités qui sont offertes aux Schlierbachois pour le faire comme lors de la journée citoyenne qui a rassemblé deux fois plus de participants qu'en 2016 et, surtout grâce aux associations de la commune que nous encourageons et soutenons avec force.
Dans une commune, la vie associative est indissociable de la qualité de vie et indispensable à ce "bien vivre" que nous souhaitons tous.
Jamais l'offre en activités et en ateliers de découverte culturelle et sportive n'a été aussi importante et si variée. Plus de vingt nouvelles animations vous sont proposées, regroupant des cours de langues, de dialecte, de musique, de danse, d'informatique, de théâtre, des ateliers de peinture, de sculpture, de poésie... Il y en a pour tous les goûts et je m'en réjouis. J'adresse mes remerciements les plus chaleureux aux responsables de nos associations, aux bénévoles et aux animateurs.

La commune elle-même se doit d'être une force d'initiative. Donner l'élan est un devoir.
Si la responsabilité d'un maire et de son équipe est bien évidemment engagée dans les domaines de l'urbanisme, de la voirie et de l'environnement, elle doit l'être tout autant dans ceux de l'animation, des fêtes et des rencontres qui contribuent à créer et à entretenir ce qu'il faut bien appeler "l'esprit" d'un village.
Dans l'action municipale, il n'y a pas des domaines essentiels et d'autres qui le seraient moins.
Un bilan digne de ce nom ne saurait l'oublier.

A l'engagement de l'équipe municipale et des associations s'est ajouté celui des parents d'élèves qui se sont mobilisés en juin dernier pour protester contre la fermeture d'une classe à l'école élémentaire. Geste fort, démarche solidaire, véritable engagement citoyen que je salue en dépit du refus de l'inspection de revenir sur sa décision. On aurait pu se dire que c'était perdu d'avance, on aurait pu baisser les bras mais on ne l'a pas fait. Subir les évènements peut être une forme de démission et le refus d'une décision injuste, un signe d'espoir. Même si le résultat escompté n'est pas toujours à la hauteur, chacun peut contribuer à changer, à sa manière, dans sa famille, son quartier, sa commune, ce qui mériterait de l'être. Agir, réagir, se sentir responsable et solidaire et c'est le monde tout entier qui se porte mieux.

L'espoir est loin d'être un optimisme béat ou l'expression d'une attente passive. Il se veut lucide, courageux et exigeant. Pendant combien de temps lui préférera-t-on son contraire et ce fatalisme qui est un reniement de la volonté ? L'espoir est une construction, un engagement. Je souhaite pour cette nouvelle année que nous en retrouvions le goût. Les défis du quotidien et cette marche parfois si compliquée du monde l'exigent. Il ne sera pas dit que notre génération aura manqué d'idéal.

 

Bernard JUCHS, Maire de Schlierbach