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Le Mot du Maire

 

Chères Schlierbachoises, chers Schlierbachois

 

Bernard11 novembre 2017

 

11 Novembre

Le 11 novembre 1918, les armes se taisaient sur les champs de bataille de la première guerre mondiale. La "Grande guerre", puisque c'est ainsi qu'on désignera le conflit quelques années plus tard, s'achevait.

Elle laissait un continent meurtri où pays vainqueurs et pays vaincus devaient faire face au même bilan calamiteux: des morts par millions, des blessés revenus du front atteints dans leur chair, amputés, défigurés, devenus fous, la mémoire à jamais marquée par les épreuves et les souffrances endurées, sans oublier des millions de veuves et d'orphelins.

On découvrit avec effroi que cette guerre avait été une effroyable boucherie, qui n'avait pas eu d'équivalent dans l'histoire moderne et contemporaine malgré la férocité des guerres révolutionnaires et des batailles napoléoniennes. L'histoire, hélas, vingt années plus tard avec le déclenchement d'une nouvelle guerre, la seconde, n'allait pas tarder à prouver que les hommes pouvaient faire pire...

Au bilan humain de la première guerre mondiale, s'ajoutait un bilan matériel et économique désastreux et des perspectives d'avenir inquiétantes: territoires à reconstruire, dettes de guerre, hausse des prix, mécontentement social, agitation et instabilité politiques, montée des dictatures et des régimes totalitaires.

Une nouvelle carte de l'Europe née des traités de paix fut imposée par les vainqueurs aux vaincus. A la détresse d'une Allemagne humiliée s'ajoutèrent les multiples différends dus au tracé des nouvelles frontières. A une guerre désastreuse succédait une paix qui l'était tout autant et qui en fin de compte ne réglait aucun des défis que l'Europe devait relever: le nationalisme qui commande le repli sur soi et la haine du voisin, les rivalités économiques, la volonté de certains pays de dominer les autres et la nécessité de se battre pour prouver sa puissance. Rien dans les traités de 1919, hélas, ne permettait sérieusement d'éviter un nouveau conflit majeur et ce n'est qu'après 1945, que la construction européenne a permis d'en finir avec ce schéma de fonctionnement morbide et cruel qui fut celui de notre continent pendant trop longtemps.

Mais rien n'est définitivement acquis comme le confirme un peu partout en Europe la montée de mouvements populistes, nationalistes et xénophobes qui n'hésitent pas à exploiter les dérives de la mondialisation et la peur du terrorisme.
Quoi qu'il en soit, aucune réflexion sur le présent et l'avenir de l'Europe ne peut se faire sans avoir constamment à l'esprit l'histoire européenne du siècle dernier. Le président allemand Frank-Walter Steinmeyer, en inaugurant l'historial franco-allemand du Hartmanswillerkopf avec le président Emmanuel Macron, a évoqué avec force "l'importance de rappeler encore une fois à nos peuples d'où nous venons".

Il y a "le devoir de mémoire et le devoir d'histoire qui seul permet de ne pas faire bégayer celle-ci" a poursuivi le président français. Pour ne pas replonger dans les pièges et les erreurs du passé, nous devons absolument garder cela à l'esprit.
Depuis 2014, j'ai tenu avec mon équipe, à célébrer ces moments de l'histoire où notre commune a fait face aux épreuves des deux guerres mondiales: cérémonie au monuments aux morts avec les enfants et les professeurs de l'école élémentaire, 70ème anniversaire de la libération de Schlierbach, conférences sur les combats de la Hardt en 1944-1945 et sur le centenaire de la bataille de Verdun.

Je souhaite qu'en 2018, pour le centième anniversaire de l'armistice, nous puissions tous nous retrouver pour un moment de souvenirs que je voudrais sobre et solennel à la fois. C'est d'ores et déjà à ce devoir d'histoire et de mémoire que je vous convie le 11 novembre prochain.

 

 

 

Bernard JUCHS, Maire de Schlierbach