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Le Mot du Maire

 

Les Voeux du Maire

 

Bernard

Chères Schlierbachoises, chers Schlierbachois

L'année 2018 qui vient de s'achever nous a permis, à maintes reprises, de nous pencher sur l'histoire de notre commune, de notre région et de notre pays.
Pour leur donner du sens, ces rappels à la mémoire doivent s'accompagner, à chaque fois, d'une véritable réflexion. Pour répondre aux défis de notre époque, aucune perspective d'avenir ne peut être tracée sans faire référence aux leçons du passé. Cette démarche ne doit pas être uniquement celle des élus ou autres décideurs ou réservée aux seuls passionnés d'histoire. Elle nous concerne tous, élus et citoyens. Responsables de notre futur, nous sommes en même temps, qu'on le veuille ou non, les héritiers de notre histoire.
2018 a été pour les Schlierbachois l'occasion de se plonger dans leur passé grâce à l'exposition "Schlierbach 1860-1960". Organisée avec brio par l'association Passé simple sous la direction de Lucette D'Amico, au terme d'un travail magistral de recherches et de collectes de milliers de photos, cette exposition nous a permis de découvrir ou redécouvrir notre passé et les liens qui peuvent encore nous rattacher à lui. Nous avons été nombreux à nous laisser gagner par l'émotion et à éprouver du respect pour ces vies passées d'hommes et de femmes vivant dans un quotidien qui n'était pas le nôtre mais qui s'efforçaient dans l'effort et le travail, en dépit des épreuves du temps et surtout celles de trois guerres, de vivre dignement. Cette exposition remarquable ne doit pas nous servir à nous laisser aller à la nostalgie ou à se dire "c'était mieux avant" mais au contraire à comprendre qui nous sommes et ce qu'est notre commune c'est à dire notre identité.
Notre projet de PLU, notre futur plan local d'urbanisme, fixe comme objectif de préserver cette identité. Elle est tributaire de l'histoire et de la géographie. Ce sont nos racines rurales et campagnardes qui justifient le devoir d'entretenir un cadre de vie où la nature doit être respectée et protégée mais l'identité ne s'arrête pas là. Elle est aussi, qu'on le veuille ou non, ce que l'évolution de la société en fait. L'identité n'est jamais figée et d'ailleurs elle ne le peut. L'évolution du monde aujourd'hui n'est bien sûr pas celle qu'ont connue les Schlierbachois entre 1860 et 1960 mais le monde aussi évoluait à cette époque-là et donc l'identité du village aussi. Enfin l'identité d'un territoire est tributaire de ce que les habitants en font. C'est nous les citoyens qui la définissons ensemble, la construisons, la transformons. Notre appartenance à Saint-Louis Agglomération s'inscrit dans une démarche porteuse de projets et d'une véritable ambition collective. Notre commune a trouvé tout naturellement sa place dans ce nouveau territoire et, au-delà des intérêts qu'elle peut y trouver, elle compte bien prendre sa part à l'édification d'une communauté d'agglomération dynamique, entreprenante, riche d'un potentiel économique et culturel ancré dans l'espace des Trois frontières.
L'expo-photo a rappelé aussi avec force notre identité alsacienne. Nous avons été nombreux à nous féliciter du retour institutionnel de l'Alsace à l'horizon 2021 sous la forme d'une collectivité européenne qui répond parfaitement à ce qu'a toujours été, ce qu'est et ce que sera l'Alsace.
Ce projet pour lequel les élus des deux départements ont oeuvré avec intelligence et avec l'appui du Président de la république et du gouvernement a du sens. Il n'y a dans ce projet ni nostalgie du passé ni repli sur soi ni crispation identitaire mais la reconnaissance d'un territoire au coeur de l'Europe. L'identité est une histoire de racines, de destins, de rencontres et de cultures croisées.
Ce constat vaut aussi pour notre pays. Qu'est-ce que la France ? Un territoire, des hommes et des femmes liés par une même histoire, une même langue, une même culture, le même idéal de liberté, d'égalité et de fraternité. Un pays avec cette ambition de tenir son rang dans le monde, cette exigence gaulliste qui veut qu'elle n'est elle-même que lorsqu'elle est unie et non quand elle se complait dans la médiocrité. Le général de Gaulle vouait à la France un attachement quasi physique. Ce sentiment que lui dictaient autant le coeur que la raison n'était cependant pas dénué de réalisme. Il savait, parce qu'il connaissait son histoire sur le bout des doigts, que la France n'est elle-même que lorsque les Français sont à la hauteur.
En 2018, cette France à la hauteur a eu plusieurs visages. Celle de Simone Veil, femme d'exception, rescapée d'Auschwitz, européenne convaincue, disparue en 2017 et à qui la nation a rendu hommage en transférant ses cendres au Panthéon. Celui du lieutenant-colonel de gendarmerie Arnaud Beltrame qui lors de l'attentat de Trèbes en mars dernier a sacrifié sa vie pour sauver celle d'une otage. Celui de Charles Aznavour, fils d'immigré arménien, chanteur, auteur, compositeur qui dans le monde entier a fait rayonner la langue et la culture françaises. Ceux des scientifiques français qui ont mis au point le sismomètre intégré au robot envoyé sur Mars pour sonder l'intérieur de la planète rouge.
La France à la hauteur, ce sont aussi les visages des handballeuses françaises devenues championnes d'Europe, celui du biathlète Martin Fourcade, quintuple champion olympique, et bien sûr ceux des 23 champions du monde de football qui, avec une incroyable audace et un admirable sang-froid, ont offert le 15 juillet dernier à la France une seconde étoile. La fête nationale a duré deux jours et ce déferlement de joie a été celui de tout un peuple qui, en dépit des grincheux, a soutenu son équipe jusqu'au bout et y a cru. La victoire nous a fait vibrer car elle n'était pas inscrite d'avance puisqu'il fallait relever un défi que beaucoup d'entre nous avaient qualifié d'impossible. Ce dépassement de soi de tous les joueurs, de leur entraîneur et des groupes technique et médical, est l'aboutissement d'un vrai travail d'équipe et une formidable illustration de ce que peut la volonté collective quand on l'associe à un projet qui semble hors de portée.
Le 15 juillet dernier à Moscou, la France a obtenu à plus d'un titre un succès exemplaire. Fiers d'être bleus ! Nous l'avons tous été. Non par arrogance ou par orgueil mais pour saluer la fougue, le cran, le courage, le travail, l'effort, l'audace.
L'amour de la patrie ne peut être celui d'une France qui recule, qui décroche, qui se replie et qui ne compterait que sur ses propres forces pour affronter les défis du moment. L'avenir de notre pays est en Europe et nulle part ailleurs car le projet européen est indissociable de la place de la France en Europe. L'année 2019 sera cruciale pour l'Union européenne et la poursuite de la construction d'une Europe libre et en paix.
Le 26 mai prochain, les citoyens européens auront à faire un choix simple: dire oui ou non à l'Europe. Nos amis anglais sont de plus en plus nombreux à ouvrir les yeux sur le désastre annoncé du Brexit, regrettant amèrement d'avoir écouté les promesses de politiciens menteurs et mal intentionnés, uniquement préoccupés par leur ambition personnelle et prétendant résoudre tous les problèmes du moment en accusant l'Europe de les avoir créés. Serons-nous assez inconscients pour confier à des partis extrémistes, nationalistes et anti-européens le sort de notre continent ? On peut parfaitement être français et européen et en être fier.
Faut-il ici rappeler une nouvelle fois les blessures du passé ?
Le 11 novembre dernier, nous l'avons fait ensemble avec force, rappelant qu'il ne suffisait pas de se souvenir mais qu'il fallait apprendre et comprendre cette guerre qui fut un désastre pour l'Europe et le monde. Apprendre et comprendre que cette guerre s'inscrivait dans une seule logique: le nationalisme c'est à dire ce sentiment irraisonné et déraisonnable, dénué de toute réflexion, que son pays vaut bien mieux que tous les autres et qu'il faut le prouver à tout prix. Même au prix des larmes et du sang. En 1918, dix millions de soldats en ont payé le prix. Des deux côtés, des morts et des blessés par millions, des veuves, des orphelins, des régions détruites et des forêts de croix blanches pour rappeler la cruauté des champs de bataille. Avons-nous retenu les leçons de l'histoire ? Sommes-nous capables de donner un sens aux évènements ?
Ignorer notre histoire est une faute. Ne pas en tenir compte est une faute plus grave encore.
Le présent, bien sûr, doit être au coeur de nos préoccupations. Si la contestation sociale de ces dernières semaines a rappelé avec justesse que des milliers de familles vivaient dans la précarité, et même pour certaines dans une situation de détresse, c'est aussi parfois avec une mauvaise foi évidente qu'on a dénoncé, avec une ignorance manifeste, le fonctionnement d'un pays connu dans le monde entier comme celui de la meilleure protection sociale. Quoi qu'il en soit, le mouvement des gilets jaunes nous oblige, nous élus, à être à l'écoute des doléances et des frustrations réelles ou supposées de ceux qui se sentent oubliés, méprisés ou mis à l'écart. Le débat peut et doit s'ouvrir sur le poids de la fiscalité, la nature et l'importance des inégalités ou encore le fonctionnement de notre démocratie. Il faut le faire en citoyens avertis.
Le défi social n'est pas le seul à relever. Il est tributaire d'une situation économique et financière qui reste préoccupante et d'un autre défi qui ne concerne pas uniquement notre pays mais le monde entier: celui de l'urgence climatique et de la survie de la planète. Des années de gaspillage, de destruction des écosystèmes, de pollutions de l'eau, de l'air, de la terre ont conduit à la situation qui est la nôtre aujourd'hui. La réflexion nous oblige à poser des questions fondamentales comme celle de savoir s'il ne faudra pas, tôt ou tard, revoir notre modèle de développement qui veut que plus nous consommons plus nous sommes satisfaits. Le grand débat ne saurait se limiter à la question du pouvoir d'achat. Même si l'égalité est une valeur essentielle de la République et qu'elle est indissociable de la liberté et de la fraternité, l'idéal d'un homme doit-il se résumer à ce qu'il possède et à ce qu'il consomme ? Un sondage au plus fort de l'agitation sociale affirmait qu'une majorité de Français préférait donner la priorité à leur pouvoir d'achat plutôt qu'au réchauffement climatique et à la protection des libertés. Un tel langage est proprement irresponsable.
Parmi les critiques émises par la contestation, il y a celle qui concerne notre démocratie jugée trop élitiste, trop lointaine, trop directive, trop bureaucratique, pas assez participative, où le citoyen ne serait réduit qu'à un bulletin de vote. La proposition de construire des projets et de les réaliser ensemble, élus et citoyens, mérite d'être retenue et même d'être approfondie car elle peut redonner à la démocratie un nouvel élan.
Encore faut-il que les citoyens acceptent de s'engager et pas simplement de se contenter de critiquer ou de dénoncer l'action de ceux qu'ils ont élus ou pas voulu élire. L'engagement citoyen, s'il doit s'institutionnaliser sous la forme de référendums d'initiative citoyenne devra être un engagement responsable et non pas l'addition d'une somme d'égoïsmes. Faut-il rappeler que la démocratie n'est pas un jouet et qu'en aucun cas elle ne peut ni ne doit fonctionner au gré des humeurs de chacun ?
Et faut-il rappeler aux ignorants et aux extrémistes de tout poil que la Vè République n'est pas une dictature ?
L'indignation et la colère sont légitimes quand c'est au nom de la justice et de la dignité humaine. Elle ne l'est pas quand elle cautionne la bêtise, la violence, les propos racistes et antisémites, le lynchage de policiers et de pompiers, le saccage de l'Arc de triomphe et l'appel à démettre par la force ceux qui gouvernent le pays. Cette France qui revendique, qui conteste et qui proteste, et qui en a parfaitement le droit, est-elle toujours à la hauteur ?
Si les évènements de ces dernières semaines peuvent nous donner l'occasion de revoir le fonctionnement de la société et la façon de gouverner, faisons-le mais pas n'importe comment. Réfléchir est un devoir. Interrogeons-nous sur nos sentiments, nos convictions, nos idéaux pour donner du sens à nos propos et à nos actes. Prenons le temps de se battre contre cette tentation de se dire "après moi le déluge " et de résister à ce repli dramatique de la pensée qui laisse croire que le smartphone et Facebook suffisent à faire le bonheur de chacun.

L'année nouvelle sera la dernière année du mandat que vous nous avez confié en mars 2014. L'agenda 2019 n'en sera pas bouleversé pour autant. l'équipe travaillera comme elle le fait depuis cinq ans avec sérieux et dévouement.
Les projets qu'il nous reste à réaliser ne manquent pas. En dépit des blocages de l'administration, le PLU devrait être approuvé à la fin de cette année. L'immense travail réalisé et l'énergie déployée par la Commission urbanisme présidée par Yann Brissieux aboutiront à un nouveau plan d'urbanisme qui jettera les bases, pour la décennie qui vient, d'un développement harmonieux et raisonnable de notre commune. Grâce aux efforts de Claude Lehr, j'ai bon espoir aussi que le projet de carrefour entre la rue de Kembs et l'ancienne route nationale progresse avec l'aide du département et de Saint Louis agglomération. La réfection de la rue des Maréchaux est en bonne voie et, d'ici la fin de l'année, une grande partie de l'éclairage public aura été remplacée. Nos réalisations répétées en faveur de l'environnement et de la protection de la nature, sous la responsabilité d'Annie Devey, ont été récompensées par le maintien du label Trois libellules. Nous poursuivrons les travaux de plantation et d'entretien de nos haies, du petit Ried et du sentier des Deux Chênes. L'année 2018 a été l'occasion de revoir l'organisation du périscolaire et les services de nos animateurs, dossier complexe depuis de nombreuses années mais qu'avec Marie Capozio nous avons enfin réussi à finaliser.

Pour terminer, je voudrais saluer chaleureusement tous ceux qui contribuent à faire de notre commune un endroit où il fait bon vivre: mes agents et collaborateurs, Mathieu, Rachel, Sandrine, Jean Claude, Patrick, Thomas, Simone, Céline et Anne qui s'occupent de notre périscolaire avec un grand professionnalisme, nos professeurs des écoles, Bénédicte, Magali, Véronique et Vanessa qui s'efforcent de transmettre le savoir et l'apprentissage de la réflexion qui nous fait parfois si cruellement défaut, Sylvie et Valérie, nos aide-maternelles, nos associations qui donnent une âme à notre commune, nos sapeurs-pompiers dont le dévouement mérite un immense respect. Merci d'être à la hauteur de vos tâches et de vos engagements !

Seuls l'écoute et le dialogue inspirent la confiance et peuvent ainsi nous permettre de vous rendre service et de mener à bien nos projets. A moi et à toute l'équipe de continuer de nous montrer dignes de cette confiance que vous nous témoignez depuis bientôt cinq ans. Ce devoir d'être à la hauteur nous oblige et nous engage à rester proches de vous. Ni la volonté ni le courage ne nous manqueront.

Que 2019 comble vos souhaits les plus chers et que l'espoir vous guide !

 

Bernard JUCHS, Maire de Schlierbach