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Conscrits

Peu après leurs 18 ans, s’ils avaient été déclarés aptes au service militaire...

...les jeunes garçons accédaient au rang envié de Conscrits. Ils profitaient alors d’une liberté nouvelle jusqu’à leur départ pour l’armée. Nous allons essayer de vous faire revivre la vie tumultueuse d’un Conscrit Schlierbachois à travers un récit imaginaire, mais inspiré de faits réels.

Merci aux Anciens qui ont contribué à la réalisation de cet article et qui nous font ainsi partager leurs souvenirs.


Il était beau notre drapeau. Pour acheter le tissu et la peinture, nous avions attendu les mariés à la sortie de l’Eglise. C’est le marié qui avait mis le premier billet dans la corbeille, un gros billet qui avait incité tous les invités à faire preuve de générosité. Une fois la corbeille bien remplie, nous avions longuement bu à la santé des jeunes mariés... et il ne restait le lendemain plus de quoi acheter le tissu.
Heureusement, la Kilbe avait suivi. Nous y tenions le stand « penalty ». Contre une pièce, chacun pouvait tester son adresse en essayant de tirer le ballon à travers un pneu. La recette avait été bonne, si bonne que l’idée germa d’aller boire un verre chez Lucienne à Steinbrunn-Le-Haut.
Il ne manquait qu’un moyen de locomotion.

 

Mon voisin avait bien un cheval et une calèche, mais il avait déjà refusé de me la prêter. Mieux valait donc ne pas lui demander à nouveau. L’opération fut montée en un rien de temps et tout se passa à merveille : le cheval nous suivit sans bruit le long du ruisseau à l’arrière de la grange. La route vers Steinbrunn fut joyeuse et la soirée chez Lucienne... arrosée. Seul hic (si j’ose dire), à deux heures du matin, au moment de rentrer, le cheval avait disparu ! Il ne nous restait plus qu’à rentrer à pied. Le lendemain matin, je tentais de faire bonne figure au moment de manger mon petit-déjeuner. Lorsque ma mère m’apprit que le cheval du voisin avait passé la nuit dehors, je fis mine d’être étonné. Lorsqu’elle me dit que le voisin avait trouvé une bouteille de schnaps dans la calèche, je me dis qu’il valait mieux ne pas être là lorsque mon père rentrerait.