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An 877, le village de Schlierbach

En l’an 877, un texte fait mention du village de Schlierbach
Le nom de Schlierbach apparaît dans un acte de donation daté du 15 avril 877 et conservé à l’abbaye de Saint-Gall en Suisse. Cet acte est signé par Charles, alors co-Roi de Francie Orientale. 

C’est la mention la plus ancienne de notre village et notre village a donc au moins... 1135 ans.

Comment ce texte s’inscrit-il dans l’Histoire ?

Charles, arrière-petit-fils de Charlemagne, est né en 839. Il devient Roi d’Alémanie en 865. A la mort de son père, en 876, il reçoit l’Alsace, ainsi que des territoires situés à l’est de l’ancien Empire de Charlemagne. Fort de ces nouvelles possessions, il revendique alors le titre de co-Roi de Francie Orientale mais son ambition le pousse à vouloir étendre son influence et à s’assurer de la fidélité de ses soutiens. C’est sans doute à ce titre qu’il fait don en 877 à la Comtesse Beretheida, épouse du Comte de Linzgau et d’Argengau, de territoires situés en Alsace et en Breisgau : Schlierbach en fait partie.

La détermination de Charles sera dans un premier temps couronnée de succès : il devient Roi d’Italie en 879 et est désigné Empereur d’Occident en 881 sous le titre de Charles III dit « Le Gros ». Mais la roue tourne : son impuissance face aux attaques des Vikings, ainsi que sa volonté d’imposer comme successeur son fils naturel, Bernard, conduisent à sa destitution du titre d’Empereur. A l’est de l’Empire, Arnulf de Carinthie impose sa volonté et devient Roi de Germanie. Le Comte et la Comtesse de Linzgau, qui ont soutenu Bernard dans sa lutte contre Arnulf, sont punis et perdent leurs territoires en 890 : Schlierbach change donc de mains !

 


Pourquoi un texte écrit en latin ?
Au 9e siècle, le latin est la langue du Clergé, ainsi que de l’élite intellectuelle et administrative. Même si Charles parle le francique, un dialecte germanique, tous les actes administratifs sont rédigés en latin.

 

Que dit le texte ?
Un extrait de ce texte figure sur le Livre Ouvert au carrefour de la D201. Cet extrait a été confié à un Professeur de latin qui a très gentiment accepté de le traduire.
(photo du texte en latin ?)

 

En voici la version française :
« C’est pourquoi nous avons accordé à Beretheida dans les places de Müllheim, Kembs, Sierentz et Schlierbach une terre, onze manses1 et ceux qui y demeurent, avec tous les terrains qui s’étendent aux alentours ».

 


1 un manse est à l’époque une parcelle agricole suffisamment grande pour nourrir une famille.